Deux semaines ont passe depuis mon arrivee en Californie ...
(toujours sans les accents sur le clavier) je n'en reviens toujours pas d'avoir loue une voiture de sport aussi puissante ... je l'ai observee sous differentes coutures, et je trouve chaque jours des details qui le font : en plus du spoiler arriere et du look race, compte-tours au tableau de bord, tele-commande exterieure, auto-radio CD, jantes alu 5 batons, direction assistee, boite automatique, airco avec position "MAX" (excellent pour traverser la vallee de la mort !!), acceleration 0-100 en 6 sec. (vive le fuel Premium !), moteur V6 ultra-silencieux (normal, l'odometre est a peine a 600 miles !), suspension ultra-soft tres confortable, j'en finirai presque par oublier que c'est une voiture de sport :-) ... aucune chance : des que j'appuie sur l'accelerateur, le V6 se rappele a mon bon souvenir en me collant les fesses au fond du siege ! Cette voiture est la toute grande mode en Californie. Si je continue a conduire cet engin, je vais vraiment me transformer en beauf' :-p
Je me sens en harmonie ici : les versants de montagne en vert et jaune (jaune car brule par le soleil, vert sur le flanc ombrage), les lacs, l'open space, la douce caresse de la brise tiede sur la peau. Cette derniere sensation alimente mes reflexions ... je me demande comment il se fait que je n'ai jamais ressenti ca ailleurs que dans la silicon valley. Une reponse possible a cette interrogation est que l'air est tellement sec et chaud qu'il ne dispose plus d'aucune capacite de transfert calorifique vis-a-vis de la peau: il est neutre. Des lors, le vent ne rafraichit pas, il caresse ... rien que pour cette sensation, j'estime que le deplacement et les efforts epuisants de travail que je dois faire en compensation en valent la peine.
La Californie
Est une frontière
Entre ciel et terre
Le désert et la vie
Julien Clerc, La Californie
Apres le boulot, j'essaie de profiter au maximum des multiples opportunites de detente, au point que je me preoccupe presque plus d'optimiser mes loisirs que d'en profiter ! :-p
Cote boulot, le bouquin avance pas mal. J'ai ecrit un demi-chapitre (c'est-a-dire 20 pages) en quatre jours. Ce n'est pas encore assez rapide mais c'est deja nettement mieux que lors du premier bouquin. Les bouquins, ca doit etre comme les accouchements : le second se passe plus facilement que le premier ... !! ^_^ L'ecriture, la concentration devant un ecran 8 heures par jour, cela reste neanmoins assez laborieux pour moi. Mardi apres-midi, je suis passe a deux doigts de l'hypo-glycemie. Manifestement, les complements alimentaires que j'ai apportes (taurine et bacopa moneri) ne suffisent plus a la regulation du cycle de Kreps. Le do-in m'aide a rester a niveau. J'ai ajoute des fruits a mon regime, ainsi que du Magnesium. Je garde du gingko biloba en reserve. J'espere que cela suffira a tenir les 5 semaines qui restent ... ':-/
Jeudi 23 juillet 2003. Midi. Je rentre a l'hotel preparer ma propre bouffe (on est jamais si bien servi que par soi-meme ...). En entrant, je constate que la chambre n'a pas ete "faite" par la femme de chambre: il y a de la paperasse et des vetements partout, le lit est defait, les serviettes de bain trainent dans la salle de bain et la vaisselle est sale. Manifestement, la femme de chambre passera aujourd'hui dans l'apres-midi. D'un cote, je me sens decourage car je n'ai aucune envie de ranger ou de faire la vaisselle ; je me suis habitue a ce confort quotidien automatique de pouvoir ouvrir la porte de la chambre et decouvrir tout nickel, comme si j'habitais encore chez mes parents et que ma mere s'occupait des taches menageres. D'un autre cote, je me sens vivant car tout ce merdier est la trace de la satisfaction de mes besoins : travailler, m'habiller, dormir, me laver, manger. En pensant ceci, je me dis que je peux tres bien arranger la situation moi-meme : trier et ranger ma paperasse, laver mes vetements et les ranger, faire mon lit (une couette, c'est tout de meme plus pratique !), etendre les serviettes de bain, mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle. Lorsque j'ai termine toutes ces taches par moi-meme, je me sens lucide et fier d'une saine fierte, car cela satisfait a la fois mes besoins d'ordre, de proprete, de confort et d'autonomie. Et apres avoir ecrit ces lignes, sans meme etre passe a l'acte, je me sens plus leger et plus joyeux, car j'ai dans la tete l'idee de ces satisfactions. En fait, je n'aime pas le bonheur, j'aime l'idee du bonheur. Comme dit Guy Corneau, "le bonheur, nous avons appris a le rever, pas a le vivre" ...
Diantre ! Le "paradis de silicone" me rend philosophe, voila de quoi occuper mes reflexions du week-end ... que voici !