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Paris flânerie
Le départ (pour lire prendre la voix-off d'André Dussolier dans Amélie Poulain ;-)
Dans la gare des trains internationaux de Bruxelles-Midi, à 08h06 précises, la tracteuse Thalys 9310, dans sa majestueuse robe bordeaux, est prête à partir et à emporter vers Paris les 800 passagers qui lui ont fait l'honneur d'embarquer. 800, ou plutôt 799, car Jip, toujours aussi incapable de partir à l'heure, déboule en ce même instant du métro orange de la ligne 2. Joël, arrivé prudemment à 07h30, se ronge les sangs de partir seul, et grignote nerveusement son troisième sandwich jambon-fromage. Devra-t-il partir seul ? Ce serait sans compter sur les capacités de sprint maintes fois éprouvées dont est capable Jip, et ce quelque soit le nombre de valises qui l'accompagnent. A 08h08, Jip, à peine essouflé, est confortablement installé à coté de Joël dans le fauteuil couloir 083 de la voiture 8 du Thalys 9310. Pour Jip, tout s'est passé comme prévu. Pour Joël, c'est la première dose d'adrénaline de la journée, et quelque chose lui dit que ce n'est pas la dernière.
A 08h10, le train vient de se mettre lentement en route. En face de Jip, Joël termine son sandwich, froisse l'emballage papier rempli de miettes et regarde alentours quelle poubelle peut venir à son secours dans une situation pareille. Les voyageurs qui prennent régulièrement le train Thalys le savent : hormis celle des toilettes, toutes les poubelles se trouvent côté fenêtre, c'est-à-dire dans le cas présent, entre les jambes de leur ravissante voisine. Joël tente de leur faire comprendre par de multiples onomatopées qu'il souhaite seulement accéder à la poubelle, joignant à la parole un geste pourtant équivoque. La situation hautement tendue trouve son dénouement lorsque Jip ayant aperçu les brochures de robes de mariées sur la tablette commune lance à la cantonnade : "Pas la peine de draguer, Joël, Mademoiselle va bientôt se marier !!". Bien vu, elle sourit. Chacun se détend. Et la mère en face de surenchérir : "Et qu'est-ce qui vous dit que ce n'est pas moi qui vais me marier ?!!!". Enfin, Jip, décidément in-dé-sta-bi-li-sa-ble, joue du clin d'oeil : "Oooh non ! Ne me dites pas que je n'ai aucune chance avec vous ... !".
Vendredi
Après ce départ sur les chapeaux de roue, nous faisons la conversation avec nos deux charmantes voisines, la mère nous expliquant qu'elle dispose encore de deux filles non mariées et que si ca nous intéresse ... Drôle de morale dans cette famille !! :-)
Arrivés en gare de Paris-Nord, nous mettons les bagages à la consigne. Pour entrer dans l'espace des consignes il est nécessaire de passer au détecteur de métaux. Une fois dans la place, nous cherchons pour nos bagages un casier suffisamment grand. Miracle, il en reste 1 ! Le prix est de 6,10 EUR. La procédure de paiement automatique est confuse et alambiquée. Après plusieurs tentatives, nous recevons finalement un ticket avec le code exclusif d'ouverture. Attention, si quelqu'un lit ce numéro de cinq chiffres, il peut ouvrir le casier quand bon lui semble ! Ténue la sécurité ... :-/
Allégés de nos encombrants bagages, nous nous dirigeons vers les guichets RATP pour obtenir nos billets de RER et de métro. Nous prenons chacun un aller-retour RER vers Antony et nous partageons un carnet de 10 tickets urbains, valables pour le métro et le bus. Le billet '1 jour' n'est intéressant que si l'on prend minimum dix fois le métro sur la journée, càd si l'on visite Paris comme une abeille butinant un champ de marguerites, ce qui n'est pas notre intention.
Le RER pue mais on s'y fait vite. D'ailleurs nous nous sentons tout de suite dépaysés dans cette capitale, pourtant si différente de Bruxelles. Jip est très à l'aise dans cet environnement qu'il connait si bien. Nous descendons à la station 'Croix de Berny' afin de suivre la promenade 'Made in Jip' au travers du parc de Sceaux.

Le parc de Sceaux (voir dans Google Maps le plan détaillé)
Le parc de Sceaux est sublime. Malgré le vent froid, nous croisons de nombreux joggeurs le long du Grand Canal. Nous contournons le bassin de l'octogone, contemplons les statues et les cascadets (magnifiques en été). Au bout de la grande allée il y a une courte montée. Nos efforts sont récompensés par le panorama : la Plaine des Quatre Statues.

Panorama de la Plaine des Quatre Statues, Parc de Sceaux, picture by Stef,
1998
Découvrir ce panorama est libérateur. Au printemps 1998 cela fit dire à Stef mélancolique : "allez, la vie est tout de même formidable !".
Au sommet de la plaine se dresse le pavillon Caprice. L'architecture de ce pavillon est remarquable.
Nous quittons le parc pour visiter le village de Sceaux, ses jolies maisons bourgeoises, et sa rue piétonnière commerçante : la rue Houdan. Le temps d'y avaler un petit croissant frais, d'acheter quelques fraises, de l'eau, l'indispensable magazine des spectacles Pariscope, et nous redescendons vers la petite et pittoresque gare de Sceaux, où le RER B nous rembarque vers Paris, direction : la tour Eiffel !

Sortis du RER B à Châtelet-Les halles, nous suivons le tapis roulant plat du couloir de correspondance pour monter dans le métro 1, jusque Charles De Gaulle Etoile, ce qui nous permet d'emprunter le métro 6, aérien à l'approche de la tour Eiffel, avec une magnifique vue sur les quais de la Seine. La tour Eiffel est là, tout près. Jip dévore un "chien chaud" afin d'avoir le ventre plein pour profiter de la suite des réjouissances : l'ascension de la tour Eiffel ! Au pied de la tour, les marchands à la sauvette nous prennent d'assaut. Ils nous harcèlent jusque dans la file des touristes attendant l'ascenceur. Le prix du ticket est de 10 EUR. Un premier ascenceur nous amène au premier étage, puis au second, où nous profitons de la magnifique vue sur le champ de mars. Dans la file d'attente de l'ascenceur qui emmène au sommet, nous nous faisons harponner par deux jolies argentines, manifestement aussi chaudes que les copines latinos de Jip. Nous montons ensemble. L'ascenceur est très ancien. Les craquements de la machinerie nous stressent. Le vide sous nos pieds nous donne le vertige. Au sommet, les peurs se dissipent pour laisser la place à l'émerveillement : Paris vu de si haut ! La vue nous coupe le souffle ! Sur la plan circulaire nous repérons les points clés de la ville et tachons de les reconnaître dans le panorama grandeur nature. Tout Paris sous nos yeux, c'est formidable ! Une fois remis de nos émotions nous visitons l'ancien atelier de Gustave Eiffel et nous redescendons jusqu'au premier étage, où nous nous livrons à un malicieux canular : Jip s'assied derrière un petit comptoir étrangement vide. Joël prend place debout à côté de lui, les mains derrière le dos et les épaules tirées en arrière, à la manière d'un videur de boîte de nuit. A l'approche des touristes, Jip s'anime, les salue en cinq langues et imperturbablement leur demande trois euros. Il fallait voir leur tête ! A pisser de rire. Malheureusement, nous ne pouvons pas profiter longtemps de l'idée : à l'approche d'un personnage badgé, au sens de l'humour visiblement peu développé, nous préférons nous éclipser discrètement. Nous en profitons pour rejoindre le sol par l'escalier, où de nombreuses beautés croisent notre. Diantre, quelle abondance de beautés parisiennes !!!
Après avoir repris nos esprits, nous allons visiter les égouts de Paris. Arrivés au lieu dit, bien repéré par Joël, nous découvrons que l'entrée est fermée, probablement parce que la Seine est en crue.
Samedi
Les taches.
Let us let our guest star Joël speak :
Après une nuit bien méritée pour nous remettre de la veille, nous nous réveillons à une heure non des plus matinales pour commencer la journée par un bon petit déjeuner parisien devant la projection d'American Beauty sur le mur du studio d'Andras. Nous partons à 13 heures. Rien à faire, marcher ça fait dormir, mais je ne me rendais pas compte que l'on pouvait dormir aussi longtemps dans une journée. Le petit déjeuner n'a de parisien que sa provenance ; nous ne retrouvons pas les fameux croissants chauds préparés artisanalement dans une des boulangeries poussiéreuses enfouies d'une petite rue pittoresque mais bien cette sorte de croissants préparés industriellement façon 'made in taiwan' au goût de plastique.
Sur cette pensée proustienne nous entamons la première activité de la journée : la rue Poliveau et son Jambier … Qu'est ce donc cela allez-vous me demander ? Et bien je me suis posé identiquement la même question jusqu'au moment ou Jip m'a remémoré un film inoubliable : la traversée de Paris. Notre activité, pour le moins insolite, consiste à nous rendre dans une rue ou fût prise une des scènes du film et à crier, euh que dis-je, hurler une des répliques symboliques de circonstance à cet endroit : 'Jambier, 45 rue Poliveau !!! J'veux 2000 francs !!!'. L'endroit préconisé pour émettre ce hurlement était bien évidemment devant la maison du 45 où vit un pauvre type qui voit toujours arriver d'un mauvais œil une bande de cinéphiles sauvages et passionnés commettre cet acte non des moins barbares. Le commissariat de quartier est juste en face, les numéros de cette extrémité de la rue ont été retirés des façades, mais rien à faire, il y en a toujours pour reconnaître l'endroit ... :-)
Défoulés, nous remontons vers la gare de Lyon où nous grimpons sur le viaduc des arts pour une promenade bucolique vers la place de la Bastille, lieu de rendez-vous prévu avec notre camarade Andras. Sur les marches de l'opéra-Bastille, nous assistons à la mise en pratique du 'goûte moi gratuitement ce bon doubitchou' préparé par une secte pakistano-indienne sans nom. Il faut dire que, malgré leurs bonnes volontés mais leur musique infâme, ces moines tentaient de faire déguster à la petite cuillère cette sorte de pâtée ignoble aux passants, et ceci sans succès. Et pour cause, ils n'avaient qu'une cuillère et franchement j'avais pas envie de goûter ce ragoût après qu'un illustre inconnu l'eut mise en bouche avant moi. Beurk, je préférais encore manger une pita ...
Sur notre parcours en direction de cette place, nous fûmes surpris par l'horrible paysage industriel que nous offrait paris aux abords de la gare de Lyon. Ok une gare reste une gare, mais on avait déjà vu mieux d'un point de vue esthétique. Heureusement, sur notre trajet, nous rencontrâmes notre première compagne : Une créature sublime dotée d'une tenue 'minimum' si vous voyez ce que je veux dire. Quoi de plus normal que de donc la mater un bon coup. A partir de cet instant, Paris redevint vraiment Paris : 'Paris la coquette…' Ceci dit, cette demoiselle resta tellement muette tout le long de notre parcours que nous décidâmes de la laisser telle quelle dans la même position qu'au moment où nous l'eûmes rencontrée. Ce n'était qu'un panneau publicitaire après tout ... Soupir ...
Andras et Rita déboulent en mini sur la place de la Bastille. On y embarque à 4. Yes, ça marche, ou plutôt ça roule ! La mini a ceci de bien, c'est que l'on trouve facilement une place de parking et que donc nous ne devons pas beaucoup marcher pour rejoindre le sommet naturel de Paris : la place du tertre et l'escalier 'Montmartrien'. Petit passage par le musée Dali (5 EUR, si vous vous y rendez, dites que vous venez de notre part, vous ne serez pas déçu. Si vous ne nous connaissez pas, ce n'est pas grave, dites le quand même, ces gens reconnaîtront en vous des amateurs d'art impliqués et vous accueilleront par une présentation des pièces maîtresses de la collection) pour rejoindre les escaliers. A la différence des escaliers de la place de la Bastille, les escaliers de Montmartre sont plus agréables, car offrent une vue sur des musiciens plus éclairés. L'ambiance est assurée et pour le spectacle c'est comme le 'Grand Canyon' mais en plus petit ...
Andras et Rita nous déposent place de la république, d'où nous nous rendons à pied au café-théâtre "Le Point-Virgule" (01.42.78.67.03), 7 rue Ste-Croix de la Brettonerie, dans le lointain IVème : le One Woman Shose de Patricia Levrey, mise en scène par Jean-Jacques Devaux et Jean-Marie Bigard. Je ne vais pas vous décrire le spectacle, car j'ai pas envie de me fatiguer, mais pas mal du tout. Pour finir nous nous sommes rendus dans le quartier latin pour remplir notre estomac et ne pas casser de verre, pour ne pas faire trop de bruit, et ne pas acheter de fleurs pour ne pas dépenser trop. En sortant bien évidemment nous sommes passés par la mairie de Paris, mais on a eu beau chercher, Mèdèèèème Chirac ne nous a pas reçu en audience, pour nous offrir une superbe maison de maître dans Paris. On recommencera la prochaine fois ...
Thank you Joël, please applause you all, thank you, thank you ! :-)
Dimanche
Nous arrivons plus facilement à nous lever ce matin. Nous partons acheter les croissants à la boulangerie-pâtisserie. Tout en déjeunant, nous décidons de partir au plus vite direction Défense-Etoile. Nous remontons donc de Neuilly vers l'arc de triomphe. Nous croisons encore des taches. Arrivés sur les Champs-Elysées, nous repassons faire le plein de phéromones chez Séphora et de vitamines à notre QG : le paradis du fruit ! Ensuite, nous repartons sur les Champs, profitant du soleil radieux que nous offre cette journée et de l'émerveillement des magnifiques fontaines. Arrivés à l'obélisque place de la Concorde, nous entrons au jardin des Tuileries. Autour du bassin de l'Octogone des enfants élancent leurs voiliers. Sur les chaises longues à disposition les touristes profitent d'un bain de soleil printanier. Nous nous joignons à eux pour un petit moment de détente et de repos. Une fois ragaillardis, nous cédons la place et nous remontons le long du jardin. Partout autour de nous des pigeons picorent les miettes de nourriture laissées par les touristes. Joël se transforme alors en Pigeon-man, l'ennemi juré des pigeons, donnant des coups de pieds dans tous les sens sans jamais en atteindre un seul. Les passants s'amusent de voir ce jeu cocace.
Au bout du jardin des Tuileries se dresse le musée du Louvre. Nous nous joignons à la file des visiteurs. Après un quart d'heure, nous arrivons à l'entrée et nous apprenons que l'entrée est gratuite. Hé oui, chaque 1er dimanche de chaque mois la visite du Louvres est gratuite. Voila une bonne nouvelle ! :-)
Nous nous postons dans la salle des Cariatides, planqués derrière une représentation des trois grâces, observant avec facétie complice le déridant manège autour de la statue hermaphrodite !!
Après un bref coup d'oeil à la célèbre Vénus de Milo, Jip entraîne la visite en direction des statues italiennes, afin de voir cette statue de Canova pour laquelle il a flashé :

Psyché ranimée par la baiser de l'Amour, Canova
On aura bien demandé au musée une reproduction moulée de cette oeuvre, mais les réponses à nos lettres auront été négatives :
Monsieur,
L'Atelier de Moulages du Louvre et des Musées de France propose un certain nombre de reproductions de sculptures des grands musées français ou internationaux.
Malheureusement, aucun moulage n'est disponible pour l'oeuvre de Canova "Psyché ranimée par le baiser de l'Amour" à cause de la très grande fragilité des ailes de l'Amour.
Vous remerciant de la confiance que vous témoignez à nos produits,
Cordialement,
L'équipe des moulages du Louvre.
et
L'oeuvre de Canova n'a pas été moulée par nos service, la conservation du musée du Louvre ne désire pas une prise d'empreinte sur l' original afin que le rendu particulier du travail du marbre ne puisse en aucun cas en être affecté.
Soupir ... il faudra bien s'y faire ... si l'on veut voir Psyché ranimée par le baiser de l'amour, il faut aller au Louvres ... de préférence le premier dimanche de chaque mois ... ;-)
Enfin nous nous dirigeons vers la salle de l'incontournable Joconde. Et c'est là le juste mot : incontournable ! Quel monde ! Le couloir est plein à craquer. Il faut faire la file pendant plus d'un quart d'heure pour accéder à la salle ! ... pour finalement être déçu par le spectacle : la Joconde n'est pas à la hauteur de nos espérances. Mais bon, nous avons une consolation : au moins nous aurons vu la Joconde de nos yeux.

photos du catalogue humoristique Humour US
Après avoir admiré les plus grandes oeuvres du Louvre nous quittons le musée. Sur les bords de la Seine nous remontons la rive gauche et ses échopes des vendeurs de vieux livres. Au quartier latin un orchestre de rue donne un concert de trompettes. A l'arrière des trompettistes un batteur joue des percussions insolites. Après un dernier petit dîner nous retournons à Neuilly chercher nos affaires chez Andras. Ensuite, petit détour par la défonce, pardon, la défense. :-) Sous la grande arche, nous profitons mélancoliques de la vue sur l'ouest de Paris. A l'est s'étend sous nos yeux le grand axe Défense-Etoile illuminé, sur lequel nous remontons à pieds jusque Neuilly.
Dans le métro et le RER nous prenons un plaisir de plus en plus malin à resquiller. Nous arrivons à la gare du Nord, à la super bourre. Dans le hall de la Gare du Nord : cavalcade pour attraper de justesse le dernier train Thalys. Quel timing mes amis !! Dans le Thalys nous faisons la connaissance de Sylvie, une jeune femme aux très longs cheveux. Jip lui demande le secret de sa chevelure, qu'elle aura la sympathie de nous dévoiler : le produit Revlon Equave 2-Phase.
En conclusion, ce week-end à Paris nous a enchanté. Nous avons réalisé la plupart de nos désirs, et bien d'autres surprises imprévues. C'était plus que mieux !! Alors c'est sûr : on reviendra !!!