Moustiers-Sainte-Marie

Ludo et Ingrid me déposent devant le camping de Moustiers-Sainte-Marie où ils ont planté leur tente. Je prends congé en leur laissant mon adresse et une invitation à Bruxelles et je pars à l'office du tourisme me renseigner pour un gîte : http://www.ville-moustiers-sainte-marie.fr/

L'office du tourisme m'envoie au gîte équestre "les cavaliers du Verdon", où je suis chaleureusement reçu par Tim, le sympathique patron de 78 ans, passionné de chevaux, à la longue barbe blanche et au fort caractère ! Le gîte est somptueux et bon marché : 12 EUR la nuit et du matériel pour cuisiner chaud, c'est Byzance ! Affamé, je dévore un plat de pâtes sans sel ni sauce : écoeurant mais nourissant. Après ce dîner de fortune, je m'endors comme une masse, seul dans ce spacieux gîte étrangement vide ... Je vais rester là quelques jours, le temps de reposer les ampoules de mes pieds.

Vendredi 2 août 2002

Je chausse mes tongs Sketchers (!) et je pars en rando vers le célèbre lac de Sainte-Croix, sur un magnifique sentier de petite randonnée (bien plus agréable que le GR) le long de la Maïre, chantante petite rivière qui se jette dans le spectaculaire lac de Sainte-Croix ! Je me remplis les yeux de cette paradisiaque étendue d'eau douce turquoise ensoleillée. Il paraît que cette couleur de lagon caribéen est due aux secrétions des particulières algues de fond. Affamé, assoiffé, mais le coeur léger, je continue de marcher le long du lac à la recherche d'un point de ravitaillement en nourriture et eau. Je passe le pont de Galénas qui enjambe l'embouchure des gorges du Verdon et je mets ainsi les pieds dans le départément du Var, sur l'autre berge du lac, le long de laquelle je trouve ce qu'il me faut : un petit centre commercial détaché du village d'Aiguines.

Rassasié, je cède aux délices du farniente sur la plage, en bordure du lac. Je laisse mes affaires à une famille de Nordistes (des gens dignes de confiance, ces Nordistes :-) et je pars traverser le lac à la nage, traversant d'abord les 500m de largeur de l'estuaire du Verdon, puis remontant jusqu'aux gorges, m'arrêtant sous le pont de Galénas pour plonger d'une falaise, yesss ! Retour à pieds sur les galets de la plage (ouch!) pour ne pas faire trop attendre les sympathiques Nordistes, avec qui j'en profite pour faire aimablement connaissance.

Enfin, je rentre en stop après une demi-heure de pouce. Mes cloches se sont bien résorbées, surtout grâce au pansement "compeed" que j'ai apposé, une magnifique invention dont j'ai opportunément retrouvé chez moi avant de partir un paquet abandonné jadis par mon ex-copine athlète. D'ici un jour ou deux, je devrais pouvoir re-randonner sur longue distance.

Samedi 3 août 2002

Aujourd'hui, je pars visiter le pittoresque village perché à flanc de falaise de Moustiers-Sainte-Marie [http://www.ville-moustiers-sainte-marie.fr/] à la recherche de jolis modèles à dessiner. La chapelle Notre-Dame de Beauvoir mérite le croquis. Le voici dessiné au pieds des marches qui y mènent :


© Jip

Emu par le respect qui règne dans la chapelle, je monte au surplomb et me lance dans un croquis fébrile, au seul crayon 3B :


© Jip

Au retour, en fin d'après-midi, je passe au camping récupérer mon linge aimablement hébergé sur le fil d'une famille de belges liégeois dont le mari est ingénieur civil comme moi. It's a small world after all ! En prenant congé, je vois une bande d'ados et d'enfants jouer à la pétanque sur le boulodrome. Ayant super envie de jouer et n'ayant pas mon jeu de boules avec moi (dieu merci pour la rando ! :-), je propose à tous ceux qui jouent de se joindre en une grande triplette. Les équipes sont cosmopolites (Hollande, Belgique, France) et largement inégales. Je propose héroïquement d'équilibrer la partie en prenant les plus jeunes avec moi :-) Et c'est là que je suis surpris : des bouts de chou de 5 à 10 ans qui pointent comme des dieux et tiennent ainsi honorablement tête aux ados ! La partie prend ainsi un intérêt raccoleur au point que nous avons très vite un nombreux public vibrant autour de nous. Pour moi, c'est un moment de pur bonheur nostalgique me rappellant les finales charentaises de pétanque lorsque j'étais ado, parties de fin de concours entourées de masses impliquées de joueurs et d'afficionados applaudissant à chaque petit exploit. Nous terminerons lapartie brillamment en menant sur le score de 12-10, à un point de la victoire qui semblait ne plus pouvoir nous échapper, interrompant ainsi notre passionnante partie à l'appel des parents pour le dîner, nous rappellent à la dure réalité : ce ne sont pas les championnats du monde ! Avec cette ambiance, c'est que nous on s'y croyait !! :-)

Ce soir, je me prépare un bon ravioli, dodo, et demain je pars m'en jeter plein la vue dans les gorges du Verdon !!!


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