Lectures sur la douance et le haut potentiel

Pour mieux comprendre des phénomènes mal cernés

Mythes et réalités

Dans son ouvrage "Surdoués : mythes et réalités", le Pr Ellen Winner démonte 9 idées reçues courantes et y substitue 9 points de vue différents, plus contrastés. Les idées reçues ainsi démontées sont les suivantes :

  1. Un enfant surdoué est surdoué en toutes matières.
  2. Un enfant n'est surdoué que s'il a un QI élevé.
  3. Tout don exceptionnel requiert un QI élevé.
  4. On naît surdoué.
  5. Tout le monde peut devenir surdoué.
  6. Les enfants deviennent surdoués par pression parentale.
  7. Les enfants surdoués s'intègrent aisément socialement.
  8. Tous les enfants sont surdoués.
  9. Les enfants surdoués réussissent à l'âge adulte.
Pour démonter ces idées reçues, le Pr Ellen Winner, chercheuse en psychologie enfantine à l'Université de Harvard et enseignante en psychologie, s'appuie non seulement sur son observation mais aussi sur un millier de références scientifiques. Elle propose également, à partir de ses réflexions, de remplacer les idées reçues par des points de vue contrastés, porteurs d'une compréhension fine des phénomènes de douance et de surdouance.

Le drame de l'enfant doué

Dans son livre "L'avenir du drame de l'enfant doué", Alice Miller explore l'impact à l'âge adulte des frustrations vécues dans l'enfance. Elle donne une forme d'empathie à la douleur vécue durant les jeunes années, où l'individu à dû s'adapter aux attentes des parents. L'adaptation à ces attentes, dont l'enfant doué est la victime attitrée, crée dans l'inconscient une représentation erronée de la personnalité : le "faux soi". Ainsi, l'enfant doué à l'âge adulte développe une personnalité de remplacement, répondant non aux attentes du présent mais à celles du passé. C'est ainsi qu'il quête dans la performance personnelle une forme d'acceptation inconsciente de situations passées. De fait, la performance, aussi exceptionnelle soit-elle, ne peut en aucun cas répondre aux attentes du passé. Dès lors, la personnalité de l'adulte doué en vient à l'épuiser, tant il ne parvient pas à obtenir malgré ses réalisations exceptionnelles, l'acceptation dont aurait eu besoin l'enfant qu'il a été. Pourtant, seule l'acceptation de ses émotions dans les situations vécues durant l'enfance peuvent libérer l'adulte de l'emprise de ce faux soi. C'est ce que propose Alice Miller : découvrir dans la thérapie, qu'elle soit analytique ou non, sa véritable personnalité.

A la découverte de l'adulte doué

Dans son article "Discovering the gifted ex-child", Stephanie Tolan reprend cette idée de découverte du Soi comme but ultime de l'existence pour l'adulte doué. On ne peut que regretter, selon elle, que l'intérêt pour la douance s'estompe dès lors que l'enfant passe à l'âge adulte. Si l'on reconnaît à l'enfant des besoins spécifiques, pourquoi ces besoins devraient-ils disparaître une fois l'enfant devenu adulte ? L'hypothèse posée par Stephanie Tolan est que l'école fournit un cadre d'évaluation standard, dans lequel l'enfant doué peut, par ses capacités hors-normes, faire ressortir sa personnalité toute particulière, que ce soit par l'échec ou par la réussite. A contrario à l'âge adulte, chaque individu se distingue sans qu'aucun cadre de référence ne soit donné. De fait, chaque individu est libre de poursuivre son développement personnel, qui étant par définition intrinsèque à l'individu, ne peut se comparer — et donc se distinguer — d'autres individus. Ce manque de cadre de comparaison empêche l'individu doué de se reconnaître comme tel, alors que ses capacités intérieures peuvent différer des autres à un tel point que les symptômes des enfants doués peuvent se manifester de la même manière.

Jean-Pierre Norguet

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