Créer et gérer son site web en tant qu’association ou prestataire de service

Lorsqu’on veut créer un site web, six questions principales se posent :

  1. Pourquoi créer un site ?
  2. Quelle apparence et quel contenu donner au site ?
  3. Quelle technologie utiliser pour la création et la gestion du site ?
  4. Où physiquement héberger le site ?
  5. A quelle adresse publier le site ?
  6. Comment faire connaître le site ?

Dans cet article, je tente de répondre à chaque question une par une.

Pourquoi créer un site ?

La réponse la plus courante est « pour faire venir du monde ». Si telle est la raison de créer un site, j’invite la personne ou l’association qui se pose cette question à se demander si elle ne gagnerait pas à mieux savoir « qui » sont les personnes de « ce monde », quelles sont leurs particularités, quelles sont leurs habitudes, quelles sont leurs sources d’information. On peut très bien proposer quelque chose d’intéressant sans rencontrer l’intérêt mérité. Mieux connaître « qui » est « ce monde » peut permettre de se présenter sous un angle adapté, de faire de la publicité en des endroits appropriés, et d’ainsi rencontrer un intérêt plus juste et plus vivant.

Quelle apparence et quel contenu donner au site ?

Si la question de la création d’un site a trouvé une issue positive, il convient de donner au site une apparence la plus conforme à la présentation que l’on souhaite faire du « quelque chose » proposé. L’apparence d’un site dépend de la personnalité des créateurs du site, et ne se résume pas à des couleurs ou des images. Il convient de réfléchir à la navigation et à la structure des menus, qui doit refléter la structure du contenu. « Trop d’information tue l’information » dit-on. Chaque page du site doit satisfaire un but précis à définir : se présenter, présenter son activité, traiter des conditions, spécifier des coordonnées de contact, etc.

Quelle technologie utiliser pour la création et la gestion du site ?

Les technologies de création et de gestion de site se séparent en deux grandes catégories : « sur l’ordinateur » et « sur Internet ». Les technologies de la première catégorie consistent à installer sur son ordinateur un programme d’édition de pages web et un programme de transfert de pages. Le programme d’édition permet des mises en page plus ou moins élaborées, de lier les pages entre elles, et pour les plus sophistiqués, d’avoir une vue d’ensemble sur les pages du site. Le programme de transfert des pages, parfois intégré au programme d’édition, permet d’envoyer sur le site l’ensemble des pages, pour qu’elles puissent être lues par le public.

Les technologies de la seconde catégorie sont à l’origine du développement des blogs : un système de gestion de contenu, généralement tout fait et réglable en quelques clics, permet de gérer les pages de son site à l’aide d’un navigateur Internet. Le système est constitué de deux parties : une partie d’administration, qui permet de gérer les pages, et une partie publique, qui est le site consulté par les visiteurs. L’apparence du site est modifiable à souhait à l’aide de mises en pages toutes faites. WordPress, SPIP, Joomla, Drupal et Dotclear sont des exemples de systèmes de gestion de contenu. Dans une certaine mesure, les systèmes de wiki fonctionnent de la même façon.

Où physiquement héberger le site ?

Pour être consultables sur Internet, les pages d’un site doivent se trouver sur une machine « serveur », c’est-à-dire allumée en permanence et reconnue par les serveurs de noms de domaines d’Internet. Les serveurs de noms de domaines permettent d’associer à l’adresse de chaque site, la machine chargée d’en héberger les pages. Sur Internet, de nombreux hébergeurs mutualisent des machines serveurs, sur lesquelles plusieurs utilisateurs peuvent chacun héberger un ou plusieurs sites. La mutualisation des machines entre les créateurs de sites permettent de limiter les coûts d’hébergement tout en offrant une grande liberté de gestion et une rapidité d’affichage raisonnable.

Les particuliers et les associations ont le choix entre trois grands types d’hébergements : les offres gratuites, les structures commerciales, et les associations militantes. Les offres gratuites se payent soit par la publicité, par la vente d’un service annexe, par le plaisir d’un passionné. La stabilité des services offerts est très rarement au rendez-vous. La plupart des structures commerciales proposent des offres limitées pour un prix dérisoire. Inévitablement, la main d’oeuvre étant plus coûteuse que les machines, les offres peuvent mettre en avant les capacités techniques tout en occultant la fréquence des pannes et la superficialité du support technique.

Restent les associations militantes, où l’on paye pour une idée fondatrice plus que pour un service. On y trouve souvent une dynamique volontariste et un contact plus authentique et personnalisé qu’avec une structure commerciale. Hélas, ces associations étant le plus souvent focalisées sur leurs valeurs, elles ont tendance à ne pas maîtriser les coûts et à faire preuve d’un gaspillage pouvant entrer en contradiction avec d’autres valeurs, comme la décroissance. De plus, les gestionnaires techniques de ces associations étant le plus souvent des bénévoles, la stabilité de l’hébergement peut souffrir des périodes où les volontés bénévoles sont moins présentes.

A quelle adresse publier le site ?

Ici encore, trois grandes options se présentent : le nom de domaine, le sous-nom de domaine, et l’espace membre. Le nom de domaine, par exemple « alternatifs.eu », nécessite un enregistrement auprès des autorités de régulation d’Internet. Différentes structures, comme « gandi.net » ou « bookmyname.com » offrent un service d’enregistrement plus ou moins convivial. A titre d’exemple, « bookmyname.com » offre un service minimum pour une demi-douzaine d’euros par nom de domaine et par an. D’autres offrent un service plus etoffé pour environ le double. Le nom de domaine de plus haut niveau permet de créer à volonté des sous-domaines et des espaces membres.

Un sous-domaine est de type « compostella.alternatifs.eu » : il permet de gérer des sites complets indépendamment du domaine principal, typiquement désigné par « www.alternatifs.eu ». Des serveurs de blogs comme « over-blog.com » permettent ainsi de créer des sous-domaines gratuitement, chacun hébergeant un blog indépendant. Un espace membre est de type « www.alternatifs.eu/desert-mauritanie/ » et peut également héberger un site complet indépendant. Pour ceux qui disposent d’un nom de domaine, la création des sous-domaines et des espaces de partage se gère auprès de l’hébergeur, et plus rarement auprès du service d’enregistrement.

Comment faire connaître le site ?

Hormis la publicité du site dans le monde physique, qui n’a rien de particulier — il suffit d’indiquer l’adresse du site dans une signature de mail ou dans une brochure papier — la publicité du site sur Internet se fait d’une manière pratiquement unique : via des liens d’un site à l’autre. Les liens de site à site permettent deux mécanismes : premièrement, les visiteurs peuvent cliquer sur les liens et arriver sur le site. Deuxièmement, le moteur de recherche Google analyse tous les liens de tous les sites du réseau Internet, et établit son classement de recherche sur la base du nombre et de la popularité des liens pointant vers les pages du site.

Google est pratiquement le seul moteur de recherches ayant une influence significative sur le trafic Internet d’un site web. C’est triste à dire, mais un site qui n’est pas dans les premiers résultats de Google pour un mot de recherche donné est pour ainsi dire inconnu au sein du cyber-espace. Payer Google pour apparaître bien classé dans les liens commerciaux est une option, mais elle est très coûteuse et temporaire. Pour être bien classé de manière permanente, il faut être lié depuis des sites eux-mêmes bien classés par Google. Il suffit par exemple d’un lien vers son site depuis un magazine en ligne, pour subitement sortir de l’anonymat web.

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